Une
vie pleine de trous - le projet du détroit (page
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En arabe, tout comme en français et en anglais,
détroit conjugue étroitesse et détresse. L’entreprise
coloniale a laissé un héritage complexe qui a façonné
en profondeur le bassin méditerranéen et remodelé
l’image et l’usage du Détroit de Gibraltar.
Avant 1991, les Marocains munis d’un passeport
avaient toute latitude de voyager en Europe. Mais depuis les Accords
de Schengen, le droit de visite, désormais unilatéral,
ne s’exerce qu’au bénéfice des seuls Européens.
Toute une génération de Marocains a donc grandi les yeux
rivés sur le Détroit, cet espace singulier et troublant,
un lieu où se recoupent les dimensions physique, symbolique,
historique et intime. De Tanger, par temps clair, l’horizon des
côtes marocaines est proprement espagnol. Le Détroit -
devenu depuis deux décennies la porte d’entrée principale
de l’émigration clandestine vers l’Europe - est aujourd’hui
un vaste cimetière marocain. La nouvelle émigration diffère
de celles qui l’ont précédé. Elle a son vocabulaire,
ses légendes, ses chansons et ses rituels.
On ne dit plus « il a émigré »
mais « h’reg » : il a brûlé - brûlé
ses papiers, son passé, une fois sur deux sa vie même.
À travers l’Afrique, les exploits des brûleurs ou
des brûlés courent les rues et leurs récits attisent
la tentation de l’ailleurs. Et Tanger, longtemps délaissée,
comme l’ensemble du nord du Royaume, est devenue la ville butoir
de milliers d’espérances. Au travers d’une série
d’images qui soulignent la tension, si continûment palpable
dans ma ville, entre la dimension allégorique et la réalité
brute, immédiate, je tente de mettre en lumière la nature
métonymique du Détroit.
Dans mes photographies, j’essaie d’exorciser
la violence du départ (des autres) tout en vivant l’expérience,
qui n’est pas dépourvue de violence, du retour (à
la maison). Il y a peut-être un rapport entre cette expérience
très personnelle et la situation d’une population qui cherche
à partir du pays, qui n’y a pas trouvé sa place.
L’étrangeté qui en résulte reflète
une fausse familiarité. Je cherche à saisir des tentations
et non pas, à la façon d’un reportage, de véritables
tentatives. Ici point de passants innocents, de simples flâneurs.
Plutôt que la nostalgie d’une ville ghetto
internationale, je voudrais montrer comment s’inscrit cette obstination
du départ qui marque un peuple. ”
Par Yto Barrada
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Fès (El Bali)
Histoire
L'histoire est commune aux 2 quartiers, malgré
leur spécificité – vr fiche Fez El Jedid). Quelques
dates importantes personnalisées à El Bali : 818 arrivée
de 1 500 familles de Musulmans andalous expulsés d'Espagne qui
fondent sur la rive droite de l'oued Fès le quartier andalou,
base de l'actuel El Bali. 1980 Inscription de la Médina au Patrimoine
mondial de l'Unesco.
Aujourd'hui El Bali a perdu son monde de lettrés
et ses résidents fortunés. Mais exemple unique d'une médina
parmi les + vastes connues, à peu près dans son profil
d'origine dep. le XII° s. Un programme ambitieux de restauration
(avec l'Unesco) a recensé les monuments à sauver : + de
9 000 maisons, autant d'ateliers, 150 mosquées et médersa,
300 fondouks.
Fès est incontestablement la capitale artistique,
intellectuelle et religieuse du pays. Pour preuve, ses nombreux monuments
et sa médina grouillante de vie, incroyable écheveau de
ruelles coupées de passages couverts et d’escaliers. Elle
offre un spectacle coloré à ne manquer sous aucun prétexte.