Afin de courir librement
les mers à sa guise, l'homme a voulu apprivoiser ses dangers,
dompter ses pièges, baliser les passes. Dans des conditions souvent
extrêmes, il a bâti phares, tours, tourelles, sur terre,
sur mer, entre terre et mer, parfois sur un bout de roche.
La Bretagne est fière de ses phares de mer et de terre, fils
d'une longue histoire, faite de courage et de persévérance.
• Le tout premier phare breton est celui du Stiff, à Ouessant,
construit en 1695 par Vauban.
Le phare était alors
allumé avec du charbon de bois durant les nuits des six mois
d'hiver. Le phare du Cap Fréhel fut construit à la même
époque, puis vient celui de Saint-Mathieu, en 1740.
Au cours du XIXe siècle et début du XXe siècle,
des phares plus isolés et plus difficiles à construire
virent le jour :
Heaux de Bréhat (1840),
Ile Vierge (1845),
Triagoz (1864),
Le Four (1874),
Ar Men (1881),
La Vieille (1887),
La Jument (1904),
Kéréon (1916).
• Après la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux
phares furent également édifiés : Les Roches Douvres
(1953), Ploumanach, Fréhel...
Du feu de bois à l'électricité
Le mode d'éclairage
des phares a varié selon l'époque. A l'Antiquité
, les phares étaient des tours à feux, au sommet desquels
brûlaient à l'air libre des feux de bois ou de charbon
de terre. Plus tard, ces foyers furent remplacés par des lampes
à l'huile placées au centre d'un réflecteur sphérique.
Une révolution de
l'éclairage maritime apparaît à la fin du XVIIIe
siècle.Tout d'abord, les réflecteurs sphériques
sont remplacés par des réflecteurs paraboliques qui assurent
le parallélisme des rayons lumineux réfléchis.
En même temps est mise au point la lampe Argand, du nom de son
inventeur.
On brûle l'huile sur une mèche circulaire (favorisant un
courant d'air intérieur) et une cheminée en verre améliore
la combustion en évitant le dépôt de suie sur les
réflecteurs. Le système est testé en 1790 au phare
de Cordouan.